Know Your Customer : comment le système de contrôle KYC empiète sur votre vie privée ?

Le KYC, ou Know Your Customer, est une sorte de formulaire à remplir avec des documents à joindre pour prouver que « vous êtes bien vous. » Utilisé par les banques ou les assurances, ce type de système s’étend à de plus en plus de services en ligne…

Dans les grandes lignes, le processus KYC permet de lutter contre le blanchiment d’argent, l’usurpation d’identité et la fraude fiscale. Le but est de prouver à une société que vous êtes bien qui vous prétendez être. La plupart du temps, il suffit de remplir un questionnaire et de donner un scan ou une photo d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. Comme il serait aisé pour un faussaire d’usurper votre identité, les nouveaux systèmes vont jusqu’à scanner votre visage en 3D depuis votre smartphone ou votre webcam. Il faudra faire exactement ce que vous dit la machine : tourner la tête, la baisser, vous approcher, ouvrir les yeux, faire le beau, etc. Le but est de vérifier que vous avez bien la même tête que sur votre carte d’identité ou votre passeport. C’est une machine qui s’occupe de la vérification, mais toutes vos données biométriques sont enregistrées.

Un KYC pour acheter un Kinder Bueno ?

On peut comprendre la démarche pour la création d’un compte en banque à distance, mais les KYC sont de plus en plus fréquents. Ce processus est aussi utilisé dans le monde du poker ou des paris en ligne, mais aussi dans le domaine de la crypto. Comme les cryptomonnaies échappent totalement aux états, ces derniers ont gardé un point de contrôle. En France, il faudra passer par un KYC pour acheter de la monnaie virtuelle. Le but est de contrôler vos éventuelles plus-values ou de savoir à qui vous avez envoyé de l’argent. Il existe des moyens de contourner cette surveillance, mais les gouvernements n’ont de cesse de vouloir reprendre la main sur ces échanges qui leur échappent.

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Certains sites n’ont pas les moyens de se payer un robot de vérification. Chez Coinhouse, il faudra se prendre en photo avec une « pancarte » pour expliquer que vous, Jean Dupont, exprime le souhait d’acheter 0,04 Bitcoin. Une somme apparemment suffisante pour financer le terrorisme…

Un KYC une bonne fois pour toutes ?

Le futur du KYC ? C’est la blockchain ! Comme il est plutôt décourageant pour un individu de devoir faire un KYC à chaque fois qu’il veut emprunter un livre à la bibliothèque (nous forçons à peine le trait), la solution c’est de faire un KYC une bonne fois pour toutes et de mettre ça dans la blockchain. Si untel veut vérifier votre identité, vous n’avez qu’à lui envoyer une adresse unique avec un code de vérification à usage unique pour prouver votre identité à un tiers. C’est ce que propose le service Fractal ID par exemple : « One login. Global compliance. » Au moins, vos informations sont stockées en sécurité, mais le problème c’est ce qu’en font les personnes qui les convoitent de l’autre côté.

Le KYC : handicapant et indiscret

Car cette quête permanente à la recherche de données privées constitue aussi une atteinte à la confidentialité. Pire, des banques et des assurances en profitent pour se faire de solides fichiers clients en utilisant les KYC au nom de la lutte contre le blanchiment d’argent. On imagine mal un baron de la drogue ouvrir un PEL pour y mettre 4000 €… Le KYC est aussi handicapant pour bien des personnes. On pense notamment aux SDF, aux voyageurs n’ayant pas d’adresses, aux personnes aux connaissances limitées en technologie, aux « digital nomads », etc. Encore une fois, sous couvert de vouloir votre bien et lutter contre le terrorisme/la pédophilie/les GAFAM (rayez la mention inutile), on veut vous ficher et vous fliquer…

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N’ayez pas peur, c’est le progrès !

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