Le « crédit social » à la chinoise : bientôt (ou déjà) chez vous ?

Le crédit social ou l’ « œil céleste » est un projet récent du gouvernement chinois qui attribue une note aux citoyens en fonction de différents critères. En cas de mauvaise appréciation, vous perdez progressivement des droits : possibilité de voyager, de faire un emprunt, d’aller au restaurant ou d’inscrire vos enfants dans une bonne école…

Dès 2014, la Chine a voulu mettre en place un système de « credit score » inspiré du système américain. Le but est simple : donner une note à un potentiel emprunteur en fonction de ses revenus et de ses dettes pour évaluer le risque de défaut de paiement. Ce score concernerait en priorité les entreprises, mais le tout puissant PCC a voulu aller encore plus loin. Pourquoi ne pas attribuer une note à chaque citoyen en fonction de ses condamnations et de ses emprunts non remboursés ? En ajoutant le Big Data et la vidéosurveillance, on peut même ajouter d’autres critères. Traverser la rue au mauvais endroit, ne pas ramasser les crottes de son chien, faire du bruit après telle heure, etc. Il faut dire que la reconnaissance faciale connaît un essor formidable en Chine avec un demi-milliard de caméras dans le pays.

La carotte et surtout le bâton…

Les partisans de ce système expliquent qu’il s’agit de pousser les citoyens à devenir des modèles de vertu selon le dogme confucianiste. Pour les opposants, il s’agit bien sûr de forcer les citoyens à obéir aveuglément au PCC, une infantilisation perverse à l’échelle d’un pays de 1,5 milliard d’habitants où l’on fait passer l’assujettissement pour un jeu. Car vos points, de 350 à 950 selon Wikipédia, peuvent être consultés et partagés sur les réseaux sociaux ! C’est même le but : dresser un système de confiance entre citoyens. Avec un score parfait, vous pouvez vous la raconter auprès des voisins…

Bien sûr, les confinements liés au Covid ont aussi permis d’ajouter une « couche » à ce joyeux mille-feuille. Les points s’envolent de votre compte si jamais vous êtes surpris dehors. Pas une grosse surprise au moment où on apprend que le TousAntiCovid chinois permet de dissuader les foules de manifester, de râler ou même de signer des pétitions…

Bientôt chez nous ?

De loin comme ça on se dit : « ça n’arrivera jamais chez nous. » Pourtant dans la très complotiste émission Envoyé Spécial, Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS et chercheur en intelligence artificielle, expliquait que c’est déjà le cas en fait. Coup dur. Selon lui, les grandes entreprises disposent déjà d’un système de notation : une sorte de crédit social d’Internet qui serait alimenté par les informations que nous laissons sur les réseaux sociaux. Quant à la reconnaissance faciale dans la rue, elle arrive !

Laisser un commentaire