PimEyes : le cauchemar de la reconnaissance faciale à portée de clic…

La reconnaissance faciale s’immisce dans notre vie et rien ne semble pouvoir l’arrêter. On l’utilise pour déverrouiller son smartphone et même bientôt pour payer ses courses. Certains rêvent de la généraliser au niveau européen, mais si nous vous disions qu’elle est déjà à la portée de tout le monde ?
pimseyes
La reconnaissance faciale pour tous !

PimEyes se présente comme un moteur de recherche classique, ou plutôt comme la recherche d’image inversée de Google. Sauf qu’ici, le but n’est pas de retrouver une paire de chaussures, un modèle de voiture ou le nom d’un animal puisqu’il s’agit de chercher le visage d’une personne à partir d’une photo. Il suffit d’uploader une image, de cocher la case qui stipule qu’il s’agit bien d’une photo de vous et de laisser le charme agir ! En deux secondes, vous allez trouver la personne que vous cherchez (vous ?).

Alors certes, il y a des ratés. Parfois, le moteur va vous afficher des résultats qui semblent éloignés de ce que vous recherchez, mais avec notre exemple ci-dessous, c’est le sans faute : 175 photos d’un journaliste qui teste des smartphones (et qui prend donc des selfies avec de nombreux modèles). Grillé ! Ça fonctionne même avec des lunettes ou un masque chirurgical (le top de la mode 2020-2148).

PimEyes
La version payante permet d’avoir accès aux sources des images

Internet n’oublie jamais

PimEyes ne cherche que les images publiées sur l’Internet public, mais c’est déjà énorme ! Imaginez la quantité d’images de blogs, de sites d’actu, d’albums de mariage et même sites pornographiques… Selon le site, il s’agit de retrouver des images publiées sans votre consentement ou de lutter contre l’usurpation d’identité et l’escroquerie. Ça se défend. Sauf que dans la réalité, l’outil est aussi utilisé pour intimider des gens ou les faire chanter. The New York Times explique que certaines personnes se connectent à PimpEyes pour retrouver des harceleurs qui prennent des pseudos, mais affichent leurs vrais visages. On peut aussi imaginer l’inverse avec des harceleurs qui peuvent retrouver de potentielles victimes. Un utilisateur a même confié au journal qu’ils retrouvaient de cette manière le véritable nom d’actrices pornographiques pour les suivre et trouver encore plus de photos via Facebook.

Plus inquiétant, le journal révèle qu’une femme ayant retrouvé sa tête dans une miniature de film pornographique a été sollicitée pour un abonnement payant permettant d’exclure les images des recherches publiques. Ce « PROtect Plan » n’apparaît pas sur le site et coûte de 90 à 300 € par mois. Spoiler alert : ça ne fonctionne pas et même si PimEyes a remboursé cette femme, il y a de quoi douter du professionnalisme du site.

Ce que propose le site…

PimEyes propose trois essais par jours en version gratuite sans possibilité d’accéder aux liens qui se rapportent aux photos. Il faudra payer au moins 35,99 €/ mois pour accéder à la source, faire jusqu’à 25 recherches par jour et mettre des alertes sur 3 profils pour être prévenu si une photo de vous apparaît sur la Toile. Ce qui veut dire qu’en payant vous avez le droit de chercher des photos qui ne sont pas de vous ? Apparemment pas. Pourquoi alors 25 recherches par jour ? Selon le site, les données que vous uploadez sur PimEyes sont effacées au bout de 48 heures. Il faudra les croire sur parole. Notons d’ailleurs que le moteur est actuellement visé par une enquête en Allemagne pour violations de la loi européenne sur la protection de la vie privée.

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