Vie privée : Les Gafam balancent les données des femmes suspectées de vouloir avorter !

Lorsqu’on mélange la vente de données personnelles et la révision des lois sur l’avortement, on obtient des situations complètement folles aux USA. Une simple recherche sur Internet peut permettre une inculpation pour meurtre au second degré… « Land of the free » ?

Vous la connaissez sans doute la team « je n’ai rien à cacher ». Les gros malins qui montent sur leurs grands chevaux dès qu’on parle de protection des données personnelles. On a beau leur expliquer, l’argumentaire tient toujours autour du fait que ce sont d’honnêtes citoyens et que cela ne les concerne pas. Ils ont bien de la chance d’habiter un pays où la RGPD protège (un peu) les internautes car ce n’est pas la même mayonnaise aux États-Unis par exemple où les femmes désirant avorter vivent un vrai chemin de croix. Alors que cette limite est de 14 semaines de grossesse en France, aux USA le délai est en train d’être raccourci dans de nombreux États. Au Texas par exemple, une femme ne peut avorter au-delà de 6 semaines. Un délai très court puisqu’à ce terme il n’est pas toujours facile de se savoir enceinte.

Prison à vie pour un avortement

Celles qui veulent avorter après cette limite légale peuvent être tout simplement accusée de meurtre. Mais comment prouver qu’un avortement a été opéré, chirurgicalement ou par pilule abortive ?

Il suffit de demander à Google !

Les lois américaines comme le Cloud Act permettent ce genre de choses. Google, mais aussi Microsoft, Amazon, AT&T et les grands groupes du secteur doivent fournir aux autorités toutes les informations en leur possession dans le cadre d’une enquête : recherches Internet, géolocalisations, historiques d’achat en ligne, etc. Et même pas besoin de l’ordre d’un juge puisqu’aux USA, il est possible d’acheter des données à des courtiers spécialisés dans ce domaine.

Si une femme est reconnue coupable, elle risque la prison à vie. C’est aussi le cas des personnes qui l’auraient aidée. Selon le Canard Enchaîné, les taxis sont même encouragés à dénoncer les femmes qui se rendent dans les cliniques IVG. Déjà la défense s’organise à base de téléphones prépayés, d’achats en liquide et de navigations en mode anonyme…

canard enchainé
Le Canard Enchaîné – 25/05/2022

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