Alternative GAFAM : Odysee, le YouTube sans censure

Acheté par Google en 2006 seulement un an et demi après sa création, YouTube est passé de plate-forme vidéo libre à site despotique qui brasse des milliards et distribue des miettes aux créateurs. Même si la route est longue, Odysee souhaite concurrencer le géant du secteur…

Alors que le slogan de YouTube était « Broadcast Yourself » jusqu’en 2012, la plate-forme d’hébergement vidéo de Google a bien changé ces dernières années. Le problème c’est que quand votre « business model » repose intégralement sur la publicité, il faut savoir ménager les annonceurs. Coca Cola, Nike, Petit Bateau ou Disneyland ne peuvent pas être placardés sur une vidéo d’un monsieur qui vous explique qu’Emmanuel Macron est un sataniste ou que les traces que laissent les avions dans le ciel sont des traitements chimiques destinés à stériliser la population.

C’est caricatural, mais c’est un peu ça.

Le succès est tel qu’il est impossible de confier le tri à des modérateurs. Il a donc fallu faire confiance à des robots. Et comme ça fonctionne déjà de la sorte, pourquoi ne pas en profiter pour exclure les vidéos qui enfreignent les droits d’auteur ?

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Toutes les sensibilités ont voix au chapitre sur Odysee

La fin de YouTube

Si dans une vidéo vous mettez 5 secondes du thème d’Indiana Jones, d’une chanson de Johnny, de Frank Sinatra ou de Jul, YouTube va vous « démonétiser ». Tout l’argent généré par votre travail de vidéaste va partir chez le ou les ayants droit.

Outre ces questions de droits d’auteur, YouTube peut aller plus loin en « strikant » une vidéo, c’est à dire en la supprimant, une sorte d’avertissement si les robots jugent que vous colportez un « discours de haine » ou ne respectez pas « le règlement de la communauté YouTube ». C’est possible d’être plus flou ? Et bien sûr au bout de 3 strikes, votre chaîne est cloturée. Bref, YouTube fait ce qu’il veut et les créateurs se plient à son bon vouloir pour garder leur source de revenu et leur fenêtre sur le monde, l’auto-censure devient de facto une obligation pour qui veut échapper à la castration vidéo.

Mais de plus en plus de YouTubeurs en ont marre de ce despotisme 2.0.

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Déjà vu ?

Odysee : un YouTube libertarien

Si Twitter a son GETTR, YouTube a son Odysee ! L’interface du site et son fonctionnement ressemblent beaucoup à son modèle. Lancée par le libertarien Jeremy Kauffman, Odysee a pour but de « retrouver l’indépendance de l’Internet », un lieu où « tout le monde pouvait parler et avoir une voix ». C’est bien simple, rien n’est censuré sur Odysee. Seul le porno est interdit. Les créateurs sont retribués via une cryptomonnaie « maison », pourtant sur Odysee ce n’est pas la fortune que les créateurs recherchent, mais la liberté.

Le propriétaire d’une chaîne YouTube peut importer l’intégralité de ses vidéos sur la plate-forme automatiquement ou faire en sorte de placer individuellement une vidéo qui n’aurait pas eu l’heur de plaire aux algorithmes de YouTube. Comme Odysee ne censure pas les contenus, il y a bien sûr un peu de tri à faire. On y retrouve les habituels « complotistes » : du très amusant « platiste » au pauvre bougre qui émet la moindre once de critique sur la gestion de pandémie, mais aussi des chamanistes, des adeptes de la médecine douce, des survivalistes, des fans d’armes à feu, du surnaturel, de l’ufologie, etc.

Une application mobile depuis cette année

À côté de ça on trouvera aussi de l’artisanat, des recettes de cuisine, du jardinage, de l’auto-défense, de la sociologie, du voyage, de l’autonomie alimentaire… Et comme Odysee fonctionne aussi avec un algorithme de recommandation, vous ne serez plus embêté avec des vidéos qui ne correspondent pas à vos attentes au bout de quelques heures d’utilisation. Lancée en 2020, la plate-forme dispose depuis cette année d’une application mobile. À l’heure où 70% du trafic Internet passent par nos smartphones et tablettes, Odysee n’en est qu’à ses débuts !

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