Cryptomonnaies : comment s’émanciper du système bancaire avec Bitcoin et les autres ?

S’affranchir du système bancaire, ou au moins s’en détacher le plus possible n’est pas une utopie. Les cryptomonnaies, Bitcoin en tête, sont un moyen se recouvrer une indépendance vis-à-vis du système. Il convient pourtant de connaître certaines notions, mais sachez qu’avec peu de moyens vous pouvez commencer à vous émanciper et à protéger votre argent durement gagné.

La liberté numérique passe aussi par la liberté de faire ce qu’on veut avec son argent : le dépenser comme on l’entend et y avoir accès immédiatement. Si vous avez déjà essayé de sortir 5000 ou 10 000 € en argent liquide de votre compte en banque vous avez déjà eu la désagréable surprise de « gêner ». Il faut dire que les banques n’ont pas du tout le cash nécessaire pour pouvoir sortir tout l’argent si un jour les clients voulaient retirer leurs deniers en même temps. On évalue à 5 ou 10 % la capacité des banques à répondre la demande. Eh oui, vos économies à la banque ne sont que des chiffres dans des ordinateurs et si vous les voulez dans votre poche, il faudra prévenir à l’avance et demander poliment. On rêve. Pour certains, le projet semble être la disparition de l’argent liquide.

Débarrassez-vous du banquier (ou presque)

Vous avez l’impression d’ennuyer votre banquier lorsque vous désirez retirer de l’argent ? Attendez de déposer une grosse somme en liquide ! On vous regardera bizarrement comme si vous étiez un dealer. On vous questionnera même : « D’où vient cet argent ? » « Pourquoi pas un chèque ? ». Dans les nouvelles agences qui ne disposent pas d’espèces, il faudra même prendre rendez-vous pour déposer vos deniers. Pour plus de 8000 €, il faudra signer un formulaire pour décrire la provenance des fonds et si c’est louche, ils peuvent très bien décider de contacter le fisc. Sympa hein ?

Les banquiers préfèrent donc les chiffres sur leurs ordinateurs. Ça tombe bien : les cryptomonnaies c’est exactement ça ! Oui, mais dans ce cas-là, les banquiers n’aiment pas. Il faut dire que dans ce monde-là, nous n’avons pas besoin d’eux. D’autant que si l’État français garantit votre capital jusqu’à 100 000 € en cas de faillite de la banque, nous avons eu moult exemples dans le passé où, en cas de crise, des gens ont perdu tout leur argent. C’est arrivé en Argentine ou dans les pays de l’ex-bloc soviétique. Des années d’économies envolées : changement de régime, changement de monnaie et pouf, plus rien. Avec les cryptos, vous êtes seul responsable de votre argent.

Les dissidents canadiens et leurs comptes en banque gelés

Mais s’il est gênant de retirer de l’argent liquide ou d’alimenter son compte par un autre moyen qu’un virement ou qu’un chèque, un nouveau pas a été franchi au Canada. Dans ce pays si chaleureux est né le « convoi de la liberté » (Freedom Convoy) : un groupe de camionneurs et de citoyens qui ont décidé de lutter contre l’obligation vaccinale en vigueur. On peut être d’accord avec eux ou pas, mais on ne peut pas être contre la liberté de manifester, n’est-ce pas ?

Et bien l’ami Justin Trudeau, si « à gauche » et « progressiste » a joué au petit dictateur en herbe en gelant les comptes en banque des sympathisants et des participants. Et ce, sans avoir besoin de l’autorisation d’un juge ! Si cela se passait chez Poutine ou en Corée du Nord, on entendrait parler tous les jours de cette dictature sans pitié (à juste titre !), mais là bizarrement non. La lutte contre le Covid nécessitait vraiment une mesure aussi liberticide ?

Si Justin Trudeau se permet ce genre de « liberté » avec ses concitoyens, un Président de la République française pourrait très bien faire de même avec les personnes qu’il considère comme des « sous-citoyens ». Vous n’approuvez pas cette intervention militaire ? Comptes gelés. Vous n’appréciez pas les violences policières et vous le faites savoir sur Tweeter ou Facebook ? Comptes gelés. Vous appelé à faire barrage contre Macron (ou un autre) au second tour ? Comptes gelés.

On se moquait du crédit social à la chinoise, mais c’est exactement la même chose. Si être un mauvais citoyen en Chine vous interdit d’avoir un crédit ou de voyager, cela revient au même pour le pauvre canadien qui a eu le malheur de manifester. Ne vous écartez pas du droit chemin imposé par la doxa du moment où vous ne pourrez plus payer votre loyer, nourrir vos enfants ou mettre de l’essence dans votre voiture !

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Vitalik Buterin, l’inventeur d’Ethereum (la seconde plus grosse cryptomonnaie derrière le Bitcoin), a dernièrement déclaré que « si un gouvernement se sert des banques pour couper les moyens de subsistance des citoyens […] les cryptomonnaies rétablissent l’État de droit ».

Concrètement, on fait comment ?

Oui, mais alors, comment ça se passe ? Pas besoin d’être Rockfeller pour commencer et pas besoin de jouer les aventuriers. Car le risque c’est d’acheter du Bitcoin et de le voir chuter très fort. C’est idiot et contre-productif. La solution consiste à passer par des stablecoins, des cryptos indexées sur l’euro (EUR-L) ou le dollar (USDT) et qui ne jouent pas aux montagnes russes. Comme le nom l’indique, un stablecoin est stable. Un USDT ou un BUSD correspond à un dollar, c’est aussi simple que ça. Au moment où vous désirez payer un bien, un service ou envoyer de l’argent, vous pouvez acheter du Bitcoin pour le montant que vous souhaitez : vous ne risquez pas de voir le marché fluctuer sur quelques minutes ou quelques heures.

Il faudra commencer par s’inscrire sur une plate-forme d’achat. Nous vous conseillons Coinhouse car elle est française, qu’elle a bonne réputation et qu’elle accepte les virements SEPA. La procédure d’inscription nécessite que vous montriez patte blanche : pièce d’identité et une petite photo de vous avec un message expliquant que vous souhaiter acheter des cryptomonnaies.

Il s’agit en fait d’éviter l’usurpation d’identité et le blanchiment d’argent. C’est une étape malheureusement obligatoire. Partout ailleurs on vous demandera cette étape dite KYC (know your customer ou « connais ton client »). Il est possible d’acheter des crytomonnaies sans cette étape, mais nous vous le déconseillons : ce n’est pas illégal, mais vous allez tomber sur des gens louches dans les méandres du darknet. À éviter.

Si vous vous dites que finalement Coinhouse ou un autre revient à un faire confiance à une banque, attendez la suite…

Achetez ce que vous voulez…

Car une société comme Coinhouse doit forcément rendre des comptes à la France puisqu’elle a une licence de AMF (autorité des marchés financiers). Si le gouvernement décide de geler vos biens, il peut le faire en demandant à Coinhouse. La solution consista alors à passer à une solution décentralisée en ouvrant un portefeuille (wallet) logiciel comme Metamask ou en achetant un wallet matériel comme un Ledger Nano. Pour une petite somme, le premier peut faire l’affaire, mais si vous commencez à amasser de l’argent sur une adresse, il faudra opter pour la seconde option puisqu’avec un portefeuille de type Ledger, vous n’avez aucune chance de vous faire pirater votre argent (il faut une validation manuelle avant chaque mouvement). Passez par une solution décentralisée comme PancakeSwap ou directement depuis le Ledger (il y a une application dédiée) pour changer vos stablecoins en Bitcoin et envoyer l’argent pour payer ce que vous voulez.

Alors certes, il est compliqué d’acheter du pain, un gigot, de la peinture, un vélo ou du dentifrice directement avec du Bitcoin, mais il est possible de trouver des boutiques ou des commerçants qui acceptent quand même ce type de rémunération pour une chambre d’hôtel, une coupe de cheveux, un voyage, un hébergement Web, du matériel informatique, des abonnements à des magazines, des vêtements et même tout ce que vous pouvez trouver sur Amazon via le site Purse.io. On peut aussi acheter des cartes cadeaux en Bitcoin pour faire ses dépenses à Carrefour, Castorama, Decathlon ou Ikea sur Bitrefill par exemple. Enfin, avec le Bitcoin, vous pouvez faire des dons, sponsoriser une cause et vous faire payer pour un service sans qu’on puisse se retourner contre vous. Si vous devez transformer ces cryptomonnaies en argent réel, il faudra les déclarer au fisc. La solution c’est de les dépenser par les moyens que nous vous avons décrits plus haut.

bitrefil
Vous ne pouvez pas faire vos courses à Carrefour en Bitcoin ? Ben si en fait…

Bitcoin et cryptos : le vrai et le faux

Le Bitcoin n’est pas anonyme ?

C’est vrai, mais ce n’est pas vraiment un problème puisque vous n’achetez rien d’illégal. L’argent est traçable, mais vous en faites ce que vous voulez et vous l’envoyez où vous voulez pour quelques centimes de frais.

Le Bitcoin est une bonne solution d’épargne ?

Vrai et faux. Même le Bitcoin est en progression constante il connaît de grosses phases haussières et baissières. Bref c’est assez instable pour quelqu’un qui voudrait avoir une épargne disponible en cas de pépin. Par contre pour un investissement sur 5 ans par exemple, cela peut-être très lucratif.

Le Bitcoin est polluant ?

Faux. Certes, le Bitcoin consomme de l’énergie, mais le système bancaire en consomme aussi énormément. Le Bitcoin peut aussi être « miné » en utilisant l’excédent d’énergie produit par les centrales et qui n’est pas utilisé.

Le Bitcoin est uniquement spéculatif ?

Non, le Bitcoin est une monnaie avec laquelle on peut acheter des biens et des services. Après, il est possible de spéculer sur cette monnaie : comme avec le pétrole ou le cacao.

Le Bitcoin sert à acheter de la drogue et des armes ?

C’est vrai que les dealers et les trafiquants d’armes ont attendu le Bitcoin pour commencer leur business…

Le Bitcoin ne vaut pas mieux que l’Euro ?

Mettre son argent à la banque est parfois risqué dans certains pays. Entre les coups d’État et la possible dévaluation de la monnaie, pourquoi ne pas mettre une partie de son épargne ailleurs qu’à la banque ? On ne met pas ses œufs dans le même panier, non ?

Selon la Human Rights Foundation, les cryptomonnaies sont un « échappatoire à la tyrannie ».

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